Je n'ai pas été très assidue pour mon blog sur la fin de la grossesse, mais je vous met le récit de mon accouchement :
Jeudi 31 décembre 2009.
Aujourd'hui, nous sommes le dernier jour de l'année. Rien ne laisse présager que demain tu seras dans mes bras et pourtant …
Ce jour, ton papa et moi n'avons rien de prévu en particulier, sauf te revoir par échographie. Depuis le 16 novembre dernier, je ne t'ai pas vu et j'ai vraiment hâte, hâte de savoir si tu as
grandi, grossi et te revoir une dernière fois avec le grand jour où l'on se verra mutuellement.
Les heures passent lentement jusque 15h00, heure de cette échographie. Je m'allonge sur la table, le gynécologue pose la
sonde sur mon ventre, à la première image, on ne voit pas grand chose, tu as tellement grandi qu'on ne te distingue plus aussi bien qu'avant. Mais le gynécologue redirige sa sonde et on voit ta
petite tête, tes jambes avec ton long fémur, ainsi que ton petit coeur qui bat toujours aussi fort. Il confirme que tu seras un beau bébé, aux environs de 4 kg à la naissance à terme. Il t'estime
aujourd'hui à 3,650 kg pour 50 cm. Je suis la plus heureuse, je veux justement que tu sois un beau bébé bien en chair. Il confirme que je peux accoucher par voie basse et non par césarienne. Je
suis rassurée car un accouchement par voie basse est l'aboutissement d'une grossesse mais j'avoue avoir un peu d'appréhension malgré tout. Cette échographie a été trop courte pour moi, j'aurais
aimé te voir plus longtemps.
Une fois rentré à la maison, ton papa et moi, passons un moment à deux dans le canapé devant la télévision, en ta compagnie
car tu n'arrêtes pas de donner des coups. Vers 20h00, on prépare le repas ensemble tranquillement. On a prévu un petit dîner romantique pour cette Saint Sylvestre. Ensuite, on mange en discutant
de toi, de ta venue qui se fera dans un peu plus de 15 jours, voire peut être plus tôt, des projets que l'on a pour toi. Vers 23h45, on a la visite de mes parents qui viennent nous souhaiter la
« bonne année ».
Vendredi 1er janvier 2010.
Mes parents repartent aux alentours de 00h15. Là, ton papa et moi, on se souhaite de nouveau la « bonne année », en
s'embrassant et papa me touche le ventre. On mange le dessert, et, comme il se fait tard et que je suis fatiguée, on décide d'aller se coucher. Malgré tout on discute de nouveau au lit, puis nous
faisons notre rituel avec toi, comme chaque soir. Je me met sur le dos et je te met ta boite à musique, tu te manifestes aussitôt en me donnant de beaux coups de pied. J'ai quelques légères
contractions qui déforment bien mon ventre et te stoppe dans tes mouvements. Bon, tu y est habitué vu que ça fait déjà un mois que j'en ai et qu'elles sont plus fréquentes depuis une semaine à
cause de ma toux. Papa et moi admirons encore un peu tes coups en te discutant pour enfin te souhaiter une bonne nuit vers 2h00 du matin. Je ne met pas beaucoup de temps à m'endormir tellement je
suis épuisée.
Soudain, sur le matin, il est environ 6h45, je me réveille en sursaut, je sens du liquide couler entre mes jambes. Là, je
réveille ton papa et je lui dit : « Chéri, y'a un problème !!! », encore endormi, il me répond : « Qu'est-ce qu'il y a ? ». Je lui dit que je sens du liquide couler. On se
lève, on va ensemble dans la salle de bain, je regarde et je vois bien du liquide avec du sang. Sans perdre de temps, on rassemble tous les deux les dernières affaires dans ma valise et on part
direction la maternité. Sur la route, au fond de moi, j'ai peur, peur de me dire que ça y'est c'est le grand jour alors que je ne m'y attendais pas du tout, peur de comment cela va se passer, et
en même temps, je ressens de l'euphorie en me disant que c'est peut être aujourd'hui que je vais te voir, et tous ces sentiments contradictoires m'envahissent.
On arrive à la maternité vers 7h15, on sonne en disant que j'ai sûrement perdu les eaux. Une sage-femme nous reçoit et nous
emmène dans un bureau froid et un peu austère. Elle me demande mes échographie, mes analyses de sang et d'urine ainsi que mon numéro d'enregistrement. Elle quitte la pièce pour aller chercher mon
dossier. On se retrouve donc seuls, ton papa et moi. Après 20 minutes d'attente, où ton papa et moi avons discuté et où il m'a rassuré, la sage-femme revient pour me faire un examen
gynécologique. Elle me prend la tension, qui est bonne ; regarde mon col qui est toujours aussi tonique et bien fermé. Pour savoir si la poche des eaux est bien fissurée, elle met du liquide sur
une bandelette. Après 3 minutes, elle me dit que le test est douteux et que je vais donc sûrement rentrer chez moi et revenir quand le travail commencera. Mais 2 minutes plus tard, le test est
beaucoup plus foncé et là plus de doutes, la poche des eaux est bien fissurée. Je ne peux donc pas rentrer et elle va me garder sous surveillance. Elle me dit qu'on va voir si le travail se
déclenche seul dans la journée sinon on me déclenchera demain ; là j'ai du mal à réaliser qu'aujourd'hui ou au plus tard demain, tu seras dans mes bras, ça y'est le jour J approche ! Je dois
prendre des antibiotiques pour éviter que tu sois infecté par des germes qui pourraient t'être néfaste.
Vers 8h00, je suis placée dans une salle de pré-travail sur un lit. Elle installe sur mon ventre le monitoring pour voir les
contractions et les battements de ton coeur. Pendant 20 minutes, j'ai entendu ton petit coeur battre, je ne l'avais jamais entendu si longtemps et qu'est-ce que c'est agréable, c'était tellement
beau de te sentir et de t'entendre en même temps ! Il y a bien des contractions, mais elles ne sont pas régulières ni assez fortes pour que le travail commence, donc je dois attendre, on me
refera un autre monitoring un peu plus tard, en attendant j'ai interdiction de manger et de boire car si tu dois arriver, je dois avoir le ventre le plus vide possible. Une infirmière vient me
faire une prise de sang pour voir mon taux de fer et mes plaquettes en vu de la péridurale.
Je préviens mes parents et ma soeur que tu seras bientôt là, et ton papa prévient également ses parents. Puis on patiente en
discutant, en plaisantant et en regardant la télévision, enfin surtout ton papa, moi je profite de ces derniers instants avec toi dans mon ventre.
Vers 12h00, la sage-femme revient me voir et me dit que j'ai le droit à un repas vu que le travail n'est pas prêt de
commencer, quel soulagement, j'ai très faim et surtout très soif. Nous patientons encore, mais on trouve le temps long et je ne peux pas faire grand chose car je dois rester allongée.
Vers 16h00, la sage-femme remet le monitoring pendant 20 minutes pour voir où j'en suis. Les contractions sont un peu plus
fortes, mais tout à fait supportables, et mon col est à peine ouvert à un doigt et surtout il encore tonique. Toi, pendant tout ce temps, tu continue de faire des cabrioles et de bouger, et j'en
profite à fond. J'ai le droit à une nouvelle prise de sang, toujours pour voir l'évolution de fer et des plaquettes.
Vers 18h00, ton papa décide de rentrer à la maison pour manger et prévois de revenir un peu avant 20h00. 10 minutes après
qu'il soit parti, les grosses contractions commencent, ça y'est le travail s'enclenche. Elles s'enchainent et reviennent toutes les 10 minutes, entre chaque, parfois je somnole, je suis très
fatiguée, mais les contractions me réveillent à chaque fois car leur intensité monte crescendo. A chacune d'elle, je respire comme je l'ai appris en cours de préparation et ça m'aide beaucoup, ça
les rend un peu moins douloureuses et j'ai l'impression que ça les fait passer plus vite. Je me dis que bientôt tu seras dans mes bras, j'ai peur de la suite, et puis je ne sais pas ce que toi tu
ressens, alors je te parle et te rassures du mieux que je peux en te caressant à travers mon ventre. Une troisième prise de sang m'est administrée car on doit faire d'autres analyses en vu de
l'accouchement.
Ton papa revient vers 19h35, je suis contente, sa présence va beaucoup m'aider. Je commence à bien souffrir mais j'essaie
malgré tout de gérer ses contractions aux mieux. Elles se rapprochent et reviennent toutes les 7 minutes. Ton papa me tient la main, m'encourage et souffle avec moi dès qu'une contraction fait
son apparition.
Vers 20h15, la douleur est trop forte, j'appelle pour qu'on me donne un anti-douleur. Une interne arrive et elle me dit
qu'elle va chercher la sage-femme. J'attends en gérant au mieux les contractions mais personne ne vient. J'appelle de nouveau et l'interne arrive et me dit que c'est le changement de service et
que la sage-femme ne sera là que vers 20h30, je lui explique que je veux seulement un anti-douleur en attendant. Elle part pour revenir avec un plateau repas, je comprend pas bien, surtout que je
ne dois rien manger vu que je vais accoucher. Elle revient 10 minutes plus tard pour me retirer le plateau et en me disant que la sage-femme arrive.
A 20h40, la sage-femme de garde arrive enfin, elle me demande où j'en suis, je lui dis que les contractions reviennent
maintenant toutes les 5 minutes et que j'ai énormément mal et que j'aimerais qu'on me soulage. Elle me discute pour essayer de me distraire, mais moi je ne pense qu'à la douleur et j'aimerais
qu'on me soulage pour que je puisse t'aider à descendre plus sereinement mon bébé.
A 21h00, elle regarde mon col, je ne suis dilatée qu'à 3 cm et elle me dit que c'est peu pour avoir la péridurale. Pourtant
moi je souffre à chaque contractions qui se font de plus en plus fortes et qui sont de plus rapprochée, toutes les 3/4 minutes. Elle me dit qu'elle va quand même demander à
l'anesthésiste.
Vers 21h30, elle revient et me dit qu'on peut poser la péridurale. C'est un soulagement mentalement car physiquement je
souffre toujours autant. La salle de naissance va être préparée, en attendant, je peux prendre un douche pour me soulager et je dois mettre ensuite une blouse. Sur le moment, je n'ai pas envie de
prendre de douche, je veux juste être soulagée et ne plus souffrir autant. Puis, je prend quand même cette douche, je met de l'eau bien chaude sur le ventre et ça me soulage vraiment, je sens
encore très bien les contractions et elle me font mal, mais plus autant. Je prend plaisir à cet instant et je caresse de nouveau mon ventre en te chuchotant des mots doux. Je suis restée comme ça
pendant 15 minutes, ce fût un moment agréable, j'aurais aimé faire cela plus tôt.
Je met sèche ensuite, puis j'enfile la blouse et je vais en salle de naissance accompagnée de ton papa, il est au environs de
22h15. Je m'installe sur la table, je bois une solution en vue de la péridurale, la sage-femme installe la perfusion. Je lui demande quand j'aurais la péridurale car de nouveau les contractions
sont intenses et je n'arrive même plus à respirer correctement pour les faire passer, je pleure tellement j'ai mal, mais je me dis que chaque contraction me rapproche de toi alors j'essaie de
rester forte malgré tout. Je dois attendre au moins 15 minutes, le temps que la poche a perfusée soit vide. Je n'en peux plus, même mon homme qui se veut tendre, gentil, ça ne m'aide plus, mais
il continue malgré tout à me serrer la main.
A 22h50, l'anesthésiste arrive avec un collègue,ton papa doit sortir. Ils discutent, s'amusent et essaye de me détendre, mais
rien n'y fait. Je m'assoie avec le dos rond, la sage-femme est en face de moi, je lui serre la main à chaque contraction et elle m'aide à bien respiré pendant ce moment. Je ne te sens plus, tu es
sûrement entrain de descendre, tu seras bientôt là. Ça y'est la péridurale est posée, il faut attendre maintenant qu'elle fasse effet. Ton papa revient à mes côtés.
Vers 23h05, la péridurale fait effet et je ne sens quasi plus les contractions, je les sens mais sans la douleur, je suis
enfin plus sereine pour t'aider à finir de descendre et t'accueillir, je retrouve le sourire. La sage-femme me dit que la dilation maintenant est beaucoup plus rapide, on ne sait pas encore si tu
vas naitre en ce premier jour de l'année ou demain le 2 janvier.
A 23h25, je suis dilatée à 10 cm, c'est sûr tu seras dans mes bras en ce 1er janvier 2010. La sage-femme me dit que je vais
devoir pousser car tu es engagé, pour t'aider à descendre et à sortir. Je ne sens plus du tout les contractions, alors c'est elle qui me dit quand je dois pousser. A cet instant, je pose les
pieds à plats, je me tiens aux poignées de la table et je me demande si je vais y arriver, je n'avais pas vu les cours sur la poussée. Je me fais confiance, je pense à toi et puis j'inspire, je
bloque et ensuite j'expire le plus possible. Deux autres sage-femme arrivent, toutes les trois m'encouragent et me disent que je fais ça très bien, en même temps c'est toi mon bébé qui me donne
toute cette force. J'ai envie de te voir, de te toucher, de t'embrasser. A la deuxième poussée, tu es tout proche, la sage-femme me demande si je veux toucher ta petite tête remplie de cheveux.
Je pose ma main délicatement et oui je sens le dessus de ta tête et tes cheveux. Ça me donne encore plus de force et là je pousse une troisième fois, puis je dois stopper, c'est la sage-femme qui
te dégage.
Tu pousse ton premier cri il est 23h40, on te pose sur moi et je pleure de joie, te voilà enfin mon bébé après ces 8 mois et
demie passé dans mon ventre. Quel moment magique, tu es si beau, je t'embrasse, te parle et pose délicatement mes mains sur toi. Je t'aime tellement si fort. Ton papa est émue aux larmes et c'est
lui qui coupe ton cordon. Je n'en reviens pas tu es là parmi nous, toi que j'ai désiré, attendu, tout cela restera à jamais gravé en moi.
Malheureusement, il y a quelques complications, je fais hémorragie. Le gynécologue de garde arrive et doit procéder à une
révision utérine pour voir si tout le placenta est sorti, on me remet une dose pour la péridurale, puis le gynécologue la fait et me recoud également car je suis déchiré au niveau du périnée
interne. Pendant tout ce temps, ce sont les sage-femme qui s'occupe de toi, je suis tellement triste d'être si vite séparé de toi, je te regarde et je te suis du regard, je veux voir tout ce
qu'on te fais. Elles t'essuie, te nettoie les voix respiratoires, te pèse et te mesure. Tu es un beau bébé de 3,800 kg pour 51 cm. Elles t'habille, tu pleures et j'aimerais te consoler, mais je
dois attendre. Une fois tout fini, ton papa revient à mes côtés et on se retrouve enfin tous les trois, c'est ce que j'attendais, on est si bien, on ne vois que toi. Vers 3h00, on a pu tous les
trois aller dans une chambre pour enfin profiter et partager des moments plus intimes. Ce jour est le plus beau de ma vie, ta naissance à fait de moi une maman heureuse et comblée, je t'aime plus
que tout Athanaël.
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